Je rate des meetups. Pas par manque d'envie. Par manque d'agenda.

Un meetup PostgreSQL est sur Meetup. Le hackerspace de Bruxelles publie ses soirées sur son propre site. L'incubateur met ses afterworks sur une page que personne ne lit. Le FOSDEM a son site, la convention geek a le sien, Red Hat envoie des mails que je filtre. Chacun son silo, chacun sa newsletter, chacun son compte à créer.

Personne ne fait la somme. Alors je l'ai faite.

Un robot, pas un chatbot

J'ai mis un agent dessus. Attention, pas un truc qui discute. Un script, et un modèle de langage à qui je donne un seul boulot, le plus ingrat : lire des pages web écrites pour des humains et en sortir des dates.

Le script fait le gros du travail sans intelligence du tout. Les flux iCal des hackerspaces et des groupes Meetup, les données structurées que les sites de conférence cachent dans leur HTML : ça se lit avec du code, pas avec un modèle. Zéro token.

Le modèle ne voit que le reste. La page de l'incubateur, celle du hackerspace de La Haye, celle de la convention de Gand. Il rend un tableau de dates, de villes et de liens, et rien d'autre. Il n'a pas d'outils, pas de mémoire, pas d'initiative. Trois passages par semaine, quelques centimes à chaque fois.

Tout ce qu'il extrait porte la mention "à confirmer" tant que la source ne publie pas proprement. Je préfère une étiquette honnête à une date inventée.

Une page, un flux, pas de compte

Le résultat tient en une adresse : stranix.net/agenda.

Trois rubriques. Tech et open source : meetups, conférences, hackerspaces, sécurité. Business et startups : incubateurs, réseautage, les trucs où on parle de boîtes plutôt que de code. Geek et conventions : Made in Asia, FACTS, Comic Con, dans leur case à part, pour ne pas mélanger les cosplays et les devrooms.

Belgique, Pays-Bas, nord de la France, et ce qui se passe en ligne. Je ne vise pas le monde. Je vise ce que je peux rejoindre en train.

Et surtout : un flux iCal. Tu cliques une fois, ton calendrier s'y abonne, et il se met à jour tout seul. Pas de mail à donner, pas de mot de passe, pas de "créez votre compte pour continuer". Un agenda qui te demande un compte n'est pas un service, c'est un produit. Le mien est un service.

Ce que ça m'a appris sur le web de 2026

Eventbrite m'a claqué la porte au nez. Erreur 405 dès que la requête vient d'un serveur et pas d'un salon. Tant pis pour eux. Les hackerspaces et les groupes Meetup, eux, publient un flux propre que n'importe qui peut lire. Le petit site bénévole fait mieux que la plateforme à milliards. Ce n'est pas la première fois que je le constate.

Autre leçon : la plus grosse partie du boulot n'était pas l'intelligence artificielle. C'était de trouver les bonnes adresses, de virer le bruit (les formations certifiantes qui se font passer pour des événements tech), et de filtrer un groupe "belge" qui listait ses soirées à Londres. L'IA fait vingt pour cent du travail. Le reste, c'est de la plomberie et du bon sens.

Tout est public, y compris les sources

Le code est sur GitHub, la liste des sources aussi. Une source qui manque, c'est une pull request. Un événement qui manque, c'est un formulaire d'une minute : le robot vérifie que le lien répond, que la date est dans le futur et que c'est bien dans la zone, et il le publie au passage suivant avec l'étiquette "communauté". Pas de GitHub ? Un mail suffit.

J'aurais pu garder ça pour moi. Un agenda privé qui me rappelle les soirées où aller. Mais un agenda ne vaut quelque chose que s'il est partagé, et le coût de le rendre public était exactement zéro.

Abonne-toi. Et si ton meetup n'y est pas, c'est que tu ne me l'as pas dit.